Manifeste, deci-dera-re

deci-dera-re
Le manifeste

Nous vivons dans une ère où décider vite est devenu plus important que décider juste. L'urgence remplace la réflexion et la certitude remplace le doute. L'image d'une décision compte parfois plus que ses conséquences réelles.

Et si tout commençait par cette idée que l'on a compris et raison trop vite, sans besoin de vérifier, d'écouter, de comprendre le terrain. Socrate disait : « je sais que je ne sais rien ». Et pouvoir se le dire n'est pas une faiblesse, c'est la condition même d'une décision juste. Sans cette humilité de départ, tout le reste s'effondre : on croit voir, alors que l'on ne fait que projeter ce que l'on pense savoir.

Certaines choses nous éloignent du réel et donc nourrissent la mauvaise décision :

décider dans l'urgence, sans avoir vraiment regardé parce qu'il faut aller vite car le monde va vite. On choisit mais la décision ne tient pas, elle s'écroule au premier vent contraire. Pour aller plus vite, nous sous-traitons notre pensée à une machine ou à un réflexe et ce faisant, nous perdons le contact avec la réalité, avec ce que les gens vivent vraiment.

La jungle médiatique brouille les repères et la désinformation fausse les faits, les données sur lesquelles une décision s'appuie. Comment décider en connaissance de cause quand ces faits eux-mêmes sont manipulés ? Chaque décision inappropriée coûte, ralentit, sème la confusion. Et parfois, elle abîme, blesse, sépare, tue. Un peu plus, chaque jour.

La peur d'être celui qui a pris la mauvaise décision. Alors on ne décide plus. On reporte, on attend la prochaine réunion, le prochain comité, le bon moment qui n'arrive jamais. Et ce silence-là finit par coûter aussi cher qu'une mauvaise décision.

Entre la précipitation et l'inertie, on a oublié de prendre le temps de voir juste. C'est cet espace-là que nous voulons ouvrir.

Mais vitesse et bonne décision ne sont pas contraires, à condition de ne pas se tromper de moment. S'instruire par le réel avant d'agir, c'est prendre le temps d'écouter vraiment le terrain, pour qu'agir devienne ensuite un geste sûr et non un pari. Une démarche courte et bornée dans le temps échappe à la démotivation des parties prenantes. Plus un projet est engagé longtemps et lourdement, plus on se démobilise et plus il devient difficile d'admettre qu'il faut changer de direction. On a trop investi pour reculer, même quand tout indique qu'il faut le faire. Un temps court, c'est l'inverse : on peut corriger, ajuster, aller chercher la validation et l'impact réel, sans que cela coûte une fortune et une réputation.

deci-dera-re est née.
Elle incarne cette ambition et cette volonté d'agir face à ce désenchantement du monde.

Un nom pour incarner une philosophie :

1. deci- : instruire par le réel
En latin, decidere, c'est couper, séparer le signal du bruit. Mais on ne peut bien couper que ce que l'on a pris le temps d'observer.

Voir juste nécessite d'aller chercher la diversité des réalités là où elles se trouvent : sur le terrain, auprès des usagers, des agents, des citoyens. Dans une posture d'écoute impartiale et sans jugement, il s'agit de croiser ces vécus pour en faire jaillir une lumière commune. C'est cette confrontation bienveillante avec le réel qui désamorce les craintes, remplace les certitudes hors sol et éclaire la décision.

Voir juste, c'est refuser les grilles de lecture toutes faites et les vérités d'autorité. C'est poser un diagnostic lucide sur la situation avant de chercher la solution.

2. dera- : rendre l'arbitrage explicite
Le suffixe -dera rappelle l'action de peser, d'évaluer la juste mesure des choses.

Arbitrer exige de la clarté. Choisir une voie, c'est assumer d'en délaisser d'autres sans se réfugier derrière le flou ou l'ambiguïté. C'est aussi refuser la surenchère de moyens, de méthodes complexes ou de technologies superflues. Dans un monde où nous devons faire mieux avec moins, décider juste, c'est adopter une sobriété assumée : budgétaire, énergétique et humaine. L'outil reste au service de la pensée, à la mesure exacte du besoin, pour agir avec responsabilité envers le vivant.

Arbitrer, ce n'est pas chercher la formule magique. C'est assumer un choix conscient et l'expliquer pour faire adhérer.

3. -re : déployer et faire advenir l'impact
Le préfixe -re marque la répétition, le retour, le mouvement continu.

Une décision ne prend sa valeur que lorsqu'elle s'incarne dans le quotidien. Parce que les systèmes sont complexes et que nous sommes humains, croire au tir parfait du premier coup est une utopie. L'expérimentation en cycles courts permet de tester, d'apprendre vite et de se relever facilement. Ajuster son cap au contact du terrain n'est pas un échec : c'est la marque d'un pilotage vivant, pragmatique et décomplexé.

Du diagnostic à la preuve sur le terrain, nous faisons du droit à l'erreur le moteur d'un changement de pratique désirable.

deci-dera-re n'intervient pas pour décider à votre place.
Notre métier est de concevoir le cadre humain, méthodologique et sensible qui rend la décision possible, claire et soutenable.

Cette conviction doit beaucoup à Dominique Sciamma, qui nous a appris à voir dans le design une nouvelle posture face au monde. Un moyen de décider autrement, de prendre soin plutôt que de choisir à l'aveugle.

En tant qu'humains et designers, il est de notre devoir de changer notre façon de faire et de percevoir notre monde. Et cela passe par revoir notre façon de décider : revenir à des choses plus simples, plus vraies, plus inspirées. Le monde ne va pas si bien, depuis longtemps, et les décisions inappropriées s'accumulent plus qu'elles ne se corrigent. Ce n'est pas un cri d'alarme, c'est un constat et une volonté d'agir : soigner, nettoyer, réparer ce que nous avons fait. S'ouvrir à ce qui nous entoure. Retrouver du lien avec les autres, avec son espace, avec la vie.

Nos missions

Dans un contexte où il faut toujours faire plus avec moins : moins de budget, moins d'effectif, moins de temps interne à consacrer à ce qui compte vraiment. Nous vous apportons ce temps et le regard extérieur qui vous manquent, sans jamais alourdir votre organisation.

Nos missions sont courtes (moins de six mois), hors marché, construites avec vous.
Instruire par le réel.
Rendre l'arbitrage explicite.
Déployer et faire advenir l'impact.

Nous pouvons intervenir au sein de projets d'envergure mais jamais comme un chantier de plusieurs années confié en une fois. Notre présence y prend la forme de plusieurs missions courtes, chacune resserrée sur une décision précise, à chaque bifurcation du projet. Ainsi, même dans les grands chantiers, nous ne craignons jamais la possibilité de changer de cap.

Accompagner le passage à l'acte

Notre travail ne s'arrête pas à la recommandation ou au conseil. Nous créons les conditions de la clarté, rendons les arbitrages visibles et facilitons l'alignement des équipes. Suggérer ne suffit pas : nous concevons et mettons en œuvre, avec vous.

Ce que nous ne faisons pas

Nous ne soignons pas sans comprendre. Nous ne répondons pas aux marchés publics : nous sommes convaincus que les bonnes décisions doivent être prises en amont du cahier des charges, et nous aidons donc naturellement à le rédiger, pour des décisions éclairées. Nous ne décidons à la place de personne, ni d'un élu, ni d'un habitant, ni d'une direction. Notre métier est de vous apporter les conditions nécessaires pour prendre les meilleures décisions possibles dans vos projets, pour un présent étendu désirable.

La technologie au service de la pensée

Nous ne sommes ni technophobes ni technophiles. La technologie peut être un bon outil, utilisée à bon escient : elle reste au service de la pensée, jamais son remplacement. La frugalité, pour nous, est un principe qui vaut pour les moyens et les outils : mobilisés à la mesure exacte du besoin, jamais pour le confort d'aller plus vite ou de paraître innovant.

L'innovation convoque d'abord la technologie, le neuf au sens gadget. Nous préférons une autre lecture : revenir à des principes anciens pour résoudre un problème actuel est aussi une forme d'innovation, moins spontanée, mais plus juste.

Aujourd'hui, arrêtons de courir vers le futur. Revenons au présent. Acceptons de regarder le réel en face pour bâtir des choix soutenables, humains et désirables.

C'est dans ce présent étendu que nous choisissons d'agir. Avec lucidité, sobriété et engagement.

Une décision juste et qui tient, commence par
un premier échange.

Portrait de Laurent Sadeg

Laurent Sadeg

Fondateur deci-dera-re, 15 ans à concevoir des services validés sur le terrain. Aujourd'hui, je me consacre à vous aider à concrétiser des décisions plus justes.