Manifeste — deci-dera-re

Manifeste

Nous vivons dans une ère où décider vite est devenu plus important que décider juste. L'urgence remplace la réflexion et la certitude remplace le doute. L'image d'une décision compte parfois plus que ses conséquences réelles.

Et si tout commençait par cette idée que l'on a compris et raison trop vite, sans besoin de vérifier, d'écouter, de descendre sur le terrain. Socrate disait : « je sais que je ne sais rien ». Et pouvoir se le dire n'est pas une faiblesse, c'est la condition même d'une décision juste. Sans cette humilité de départ, tout le reste s'effondre : on croit voir, alors que l'on ne fait que projeter ce que l'on pense savoir.

Certaines choses nous éloignent du réel et donc nourrissent la mauvaise décision :

Décider dans l'urgence, sans avoir vraiment regardé, parce qu'il faut aller vite, parce que tout le monde va vite. On tranche mais la décision ne tient pas, elle s'écroule au premier vent contraire. Pour aller plus vite, nous sous-traitons notre pensée à une machine, à un algorithme ou à un réflexe et ce faisant, nous perdons le contact avec le terrain, avec ce que les gens vivent vraiment.

La jungle médiatique de la désinformation fausse les faits, les données sur lesquelles une décision s'appuie. Comment décider en connaissance de cause quand ces faits eux-mêmes sont manipulés ? Chaque mauvais choix abîme, blesse, sépare, tue. Un peu plus, chaque jour.

La peur d'être celui qui a pris la mauvaise décision. Alors on ne décide plus. On reporte, on attend la prochaine réunion, le prochain comité, le bon moment qui n'arrive jamais. Et ce silence-là finit par coûter aussi cher qu'une mauvaise décision.

Entre la précipitation et l'inertie, on a oublié de prendre le temps de voir juste. C'est cet espace-là que nous voulons ouvrir.

Mais vitesse et bonne décision ne sont pas contraires, à condition de ne pas se tromper de moment. Chez deci-dera-re, nos missions sont courtes pour deux raisons distinctes. D'abord, la rapidité permet de sortir de l'inertie : un diagnostic de trois jours, une décision actée dans la foulée, ça déloge un dossier qui dort depuis huit mois. Ensuite, et c'est peut-être le plus important : la rapidité d'action permet de tester sur le terrain et d'ajuster vite, sans être prisonnier du biais d'aversion à la perte. Plus un projet est engagé longtemps et lourdement, plus il devient difficile d'admettre qu'il faut changer de direction. On a trop investi pour reculer, même quand tout indique qu'il faut le faire. Un temps court, c'est l'inverse : on peut corriger, pivoter ou tout simplement changer complètement de cap, sans que ça coûte une fortune ni une réputation.

C'est ça, le design de la décision : aller vite là où il faut aller vite, et ne jamais confondre la vitesse d'exécution avec la précipitation de la décision.

deci-dera-re est née.
Elle incarne cette ambition et cette volonté d'agir face à ce désenchantement du monde. C'est une structure qui peut et veut faire face aux dérives du monde.

Un nom pour incarner une philosophie :

  • deci (Décider) — L'acte. Poser un choix, poser des limites, sortir de la confusion.
  • dera (Désirer) — L'horizon. Redonner du sens, de la beauté, de la viabilité à un présent étendu.
  • re (Le Réel & Le Retour) — L'ancrage. Revenir sur le terrain, réparer ce qui est abîmé, agir dans la matière vraie.

Sortir de l'inertie pour un présent étendu désirable.

Cette conviction doit beaucoup à Dominique Sciamma, qui nous a appris à voir dans le design une nouvelle posture face au monde. Un moyen de décider autrement, de prendre soin plutôt que de trancher à l'aveugle. deci-dera-re en est la traduction concrète.

En tant qu'humains et designers, il est de notre devoir de changer notre façon de faire et de percevoir notre monde. Et cela passe par revoir notre façon de décider : revenir à des choses plus simples, plus vraies, plus inspirées. Avec pour seul objectif de soigner, nettoyer, réparer. S'ouvrir à ce qui nous entoure. Retrouver du lien avec les autres, avec son espace, avec la vie.

Décision stratégique, organisationnelle, de transformation, d'innovation par le projet : nous ne nous arrêtons pas à la recommandation, nous concevons et mettons en œuvre, avec vous. Suggérer ne suffit pas ; il faut faire. C'est ce qui nous distingue du conseil classique.

Nos missions

Courtes, hors marché, construites avec vous. Six mois maximum, du diagnostic à la preuve. Méthode 3·3·3 : 3 jours, 3 semaines, 3 mois.

Ce que nous ne faisons pas

Nous ne soignons pas sans comprendre. Nous ne répondons pas aux marchés publics : nous sommes convaincus que les bonnes décisions doivent être prises en amont du cahier des charges, et nous aidons donc naturellement à les rédiger, pour des décisions éclairées. Nous ne décidons à la place de personne, ni d'un élu, ni d'un habitant, ni d'une direction. Notre métier est de vous apporter les conditions nécessaires pour prendre les meilleures décisions possibles dans vos projets, pour un présent étendu désirable.

Notre rapport à la technologie

Nous ne sommes pas technophobes. L'intelligence artificielle peut être un bon outil, utilisé à bon escient. Elle ne sera jamais un remplacement de la pensée ni un réflexe par défaut. La frugalité, pour nous, est un principe qui vaut autant pour la réflexion que pour la technologie : on ne mobilise un outil qu'à la mesure exacte du besoin, jamais pour le confort d'aller plus vite ou de paraître innovant. Une décision pensée avec soin, même lente, vaut toujours mieux qu'une réponse instantanée mais creuse.

Une décision juste et qui tient, commence par
un premier échange.

Portrait de Laurent Sadeg

Laurent Sadeg

Fondateur et designer de décisions justes